Pourquoi la reprise sportive est un moment à risque pour les dents
Les dents de devant encaissent la majorité des chocs sportifs, et ce sont aussi les plus visibles et les plus délicates à réparer sur le long terme. Les données disponibles sont nettes. L'American Dental Association indique que les sportifs qui ne portent pas de protège-dents ont un risque de blessure orofaciale plus de deux fois supérieur à celui des porteurs. Elle cite une revue systématique publiée en 2019 dans laquelle la prévalence des traumatismes dento-alvéolaires allait de 48 à 59 pour cent chez les non-porteurs, contre 7,5 à 7,8 pour cent chez les porteurs. Pour l'échelle suisse, le Bureau de prévention des accidents relève que plus d'un million de personnes se blessent chaque année durant leur temps libre, dans la circulation, le sport ou l'habitat. Une dent définitive abîmée à douze ans accompagne la personne toute sa vie, avec des reprises de soins régulières. C'est ce calcul de long terme qui rend la prévention intéressante.
Protège-dents standard, thermoformable ou sur mesure : la vraie différence
Les trois familles de protège-dents n'offrent pas le même niveau de protection, et l'écart tient surtout à la tenue en bouche. Le modèle standard, vendu prêt à l'emploi en magasin de sport, n'existe qu'en quelques tailles. L'American Dental Association le décrit comme le type le moins efficace, précisément parce qu'il tient mal : celui que l'enfant doit serrer entre les mâchoires finit souvent dans la poche du short à la mi-temps. Le modèle thermoformable, à plonger dans l'eau chaude puis à mordre à la maison, coûte peu et s'adapte mieux que le standard ; ses limites sont une épaisseur qui devient irrégulière au moulage, des zones exposées parfois trop fines, et une déformation après quelques mois. Le protège-dents sur mesure, enfin, est fabriqué à partir d'une empreinte prise au cabinet. Il couvre l'ensemble de l'arcade, conserve une épaisseur maîtrisée sur les zones de choc, tient seul sans serrage des mâchoires, et laisse respirer et parler normalement. C'est la version que les sportifs gardent effectivement en bouche tout l'entraînement, et un protège-dents porté vaut toujours mieux qu'un protège-dents parfait resté au vestiaire.
Quels sports justifient un protège-dents
Tout sport où un contact, une chute ou un engin peut atteindre le visage est concerné : les sports de contact et de combat comme le hockey sur glace, le rugby, la boxe, les arts martiaux et la lutte ; les sports de ballon avec contacts involontaires comme le football, le basketball, le handball et l'unihockey ; les sports de glisse et de vitesse comme le skateboard, la trottinette, le VTT, le ski et le snowboard freestyle ; ainsi que les sports équestres. En Suisse, certaines catégories sont même réglementées. En hockey sur glace, les règles de jeu officielles publiées par la Swiss Ice Hockey Federation imposent le protège-dents dans les catégories juniors U18 et U20 ainsi qu'en hockey féminin. Avant la première séance, demandez au club son règlement d'équipement : cela évite une mauvaise surprise le jour du premier match.
Comment se passe la fabrication au cabinet
Deux rendez-vous courts suffisent dans la grande majorité des cas. Lors du premier rendez-vous, de 20 à 30 minutes, le praticien contrôle dents et gencives, vérifie qu'aucun soin n'est à faire avant, puis prend une empreinte des arcades ; un geste indolore, bien toléré par les enfants. Vient ensuite la fabrication au laboratoire, en général quelques jours ouvrables : le protège-dents est thermoformé sur le modèle, avec une épaisseur adaptée au sport, et la couleur peut être choisie, ce qui augmente les chances qu'un adolescent le porte vraiment. Le deuxième rendez-vous, d'environ 15 minutes, sert à l'essayage, à l'ajustement de l'occlusion, à la retouche des bords et aux explications d'entretien. Prévoir la fabrication en début de saison évite de jouer plusieurs semaines sans protection.
Combien cela coûte et qui paie en Suisse
Le prix dépend du type choisi, et la prise en charge dépend de la nature de l'acte. Un protège-dents standard ou thermoformable de magasin coûte quelques dizaines de francs. Un protège-dents sur mesure réalisé à partir d'une empreinte prise au cabinet se situe dans un ordre de grandeur de quelques centaines de francs, selon le sport, l'épaisseur et le nombre de couches du matériau. Au Cabinet Dentaire du Molard, la facturation suit les recommandations tarifaires de la Société suisse des médecins-dentistes, avec une valeur du point de CHF 1.10 en médecine dentaire générale. Un devis est remis avant toute fabrication, et un paiement échelonné est possible. Côté assurance, deux logiques cohabitent. L'assurance de base LAMal ne prend pas en charge un protège-dents à visée préventive ; certaines assurances complémentaires participent aux mesures de prévention, il faut donc lire les conditions de sa police. En revanche, les soins rendus nécessaires par un accident relèvent de l'assurance accident, pour autant que les critères légaux soient réunis. La Suva rappelle qu'un accident suppose une atteinte soudaine, involontaire et due à une cause extérieure extraordinaire, ce qui exclut par exemple le fait de mordre sur un élément habituellement présent dans un aliment. Pour le détail de ce que couvre réellement l'assurance en Suisse, notre article consacré au remboursement des soins dentaires fait le point.
Entretien et renouvellement : les gestes simples
Un protège-dents bien entretenu dure une saison, un protège-dents oublié au fond du sac ne dure pas l'hiver. Rincez-le à l'eau froide après chaque utilisation, puis brossez-le avec un savon doux. Ne le laissez jamais au soleil et ne le rincez pas à l'eau bouillante, car la chaleur le déforme. Rangez-le dans sa boîte ajourée, jamais dans un sac fermé humide. Apportez-le à chaque contrôle dentaire pour vérifier l'ajustement, et remplacez-le dès qu'il est percé, déformé ou qu'il ne recouvre plus toutes les dents. Chez un enfant, la croissance impose un rythme plus soutenu : les dents bougent, les molaires définitives arrivent, et le protège-dents de l'an dernier ne tient souvent plus. Le renouveler en début de saison est la règle la plus simple à appliquer.
Le cas particulier de l'appareil dentaire
Un enfant sous traitement orthodontique a davantage besoin d'un protège-dents, pas moins. En cas de choc, les attaches métalliques peuvent blesser la lèvre et la joue, et un déplacement de dent peut compromettre plusieurs mois de traitement. Le protège-dents doit alors laisser de la place aux brackets et être recontrôlé au fil du traitement. Attention : des gouttières transparentes ne remplacent pas un protège-dents de sport, elles ne sont pas dimensionnées pour absorber un impact. Même remarque pour une gouttière de bruxisme portée la nuit, qui répond à un tout autre besoin.
Et si le choc a déjà eu lieu
Une dent cassée, déplacée ou expulsée est une urgence dont l'issue dépend beaucoup des minutes qui suivent. Conservez le fragment ou la dent dans du lait ou dans la salive, ne frottez jamais la racine, et appelez le cabinet sans attendre. Nous détaillons les bons gestes dans l'heure qui suit un choc sur une dent dans un article dédié. Notez aussi les circonstances et la date : l'assurance accident les demandera.
Prendre rendez-vous à Genève
Le Cabinet Dentaire du Molard accompagne les familles genevoises depuis 2008, au Passage du Terraillet 20, à deux pas de la Place du Molard. Les Drs Sabry Sadfi, Caroline Laissue et Nessim Häusler reçoivent enfants et adolescents pour la réalisation de protège-dents sur mesure. Accès : arrêt Molard, lignes 2, 3, 7, 10, 12 et 36 ; parking du Mont-Blanc à proximité. Pour prendre rendez-vous avant la reprise des entraînements, appelez le 022 311 74 71 ou réservez en ligne 24h/24 sur www.cabinetdentairedumolard.com. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un examen clinique. Seule une consultation permet d'évaluer la situation propre à votre enfant.